L’heure de la naissance

Nous n’avons jamais été aussi près de l’arrivée au monde de nos filles.

Derniers préparatifs avant le départ, il faut être sur de ne rien oublier. Nous faisons les valises et emportons des vêtements pour nos deux bébés.
Nous serons bientôt aux Etats-Unis avec nos petits bébés.

Si tout se passe bien, nous avons une semaine sur place avant la naissance des filles. Une semaine pour nous reposer avant les nuits entrecoupées de biberons.

Jill est en forme… Vous ai-je déjà dit qu’elle était surhumaine ?
Elle est en congé, mais continue à s’occuper de sa vie de famille. Comme si de rien n’était !

Ce qui est étrange quand un accouchement est prévu à la minute près, c’est qu’il n’y a pas d’effet de surprise. Je trouve que ça rajoute une pression supplémentaire. On sait à quelle heure notre vie va basculer.

Personnellement, le dernier jour avant la naissance, je ponctuais chaque geste, par un :

Dernière fois que je prends un petit-déjeuner sans être papa…dernière fois que je fais la vaisselle pour deux, etc.

ça y est…c’est le 2 décembre.

Nous partons à l’hôpital avec notre valise et celle de nos filles.
Rien n’est moins sûr que nous puissions être présents dans la salle d’accouchement. Finalement, Jill et les médecins acceptent. Ce sera une césarienne.
Nous faisons une dernière photo ensemble et chacun va se préparer dans une chambre.

J’enfile ma tenue de bloc en tremblant.
Je ne réalise pas où je suis, ce que je fais. Je n’ai qu’un café dans le ventre et pourtant j’ai l’impression de planer.

Une fois prêt, nous attendons dans notre chambre en faisant les 100 pas. Puis une infirmière vient nous chercher pour que nous attendions dans une sorte de salle d’attente.

Nous sommes dans une salle vide, on se tient la main, et on ne se parle pas avec Romain.

D’une seconde à l’autre une infirmière viendra nous chercher pour entrer au bloc.
Je respire, j’inspire. je bloque, je ventile. je ne sais plus comment respirer, je perds mes moyens. Les minutes durent une éternité.

Et la porte s’ouvre. Le médecin vient et nous accompagne en salle d’accouchement.

Dans la salle, il y a Jill, allongée, son mari à côté, et l’équipe médicale autour. On nous demande si on veut écouter la musique.
Très gros étonnement. Si gros que nous restons bouche bée. Les choses semblent tellement différentes aux USA.

Les appareils se mettent en route. Je vois Jill qui me voit stressé et qui me rassure. Elle me dit que tout va bien se passer avec un grand sourire. Je me demande comment elle fait.

Tout est allé si vite. Voilà qu’on me fait signe de venir.

Sans m’en rendre compte, j’avance et on me tend mon petit bébé, pour que je le tienne dans les bras pour la première fois.

Elle crie, je pleure et je ne cherche même pas à réaliser ce qui se passe. Je vis l’instant.
Je tiens dans les bras ma première fille. Ce minuscule bout de vie. Un peu plus loin, Romain tenir notre autre fille. Je n’arrive pas à les quitter du regard.

Puis, je vais les présenter à Jill qui me félicite. Tout le monde nous félicite.
Des infirmières nous prennent les bébés pour les peser et faire les tests habituels. Tout va bien.

Nous sommes papas, et à ce moment là… C’est le plus beau sentiment du monde !

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