Trois jours dans une chambre d’hôpital

Juste après l’accouchement nous avons regagné la chambre de Jill tous ensemble. L’équipe médicale nous a apporté des baignoires montées sur des roulettes pour faire le bain des bébés.
Un papa après l’autre, nous avons baigné nos filles.

Nous avons laissé Jill se reposer. Nous nous sommes retrouvé à 4 dans notre petite chambre. C’est à ce moment là que nous avons appelé nos familles, fait des visios, pour leur annoncer la naissance des enfants.
Devoir les présenter, à travers un écran à des milliers de kilomètres, c’était particulier.
Nos bébés dormaient. La pression est redescendue, nous étions très fatigué. Impossible de dormir. Nos yeux ne se décollaient pas de ces deux petits êtres qui avaient quelques heures de vie.

Les visites de la famille et des amis de Jill rythmaient notre séjour. Elle avait très souvent de la visite. Nous mêmes allions souvent la voir dans sa chambre.
C’est elle qui nous a montré comment bien leur donner le biberon. Elle nous a montré quelques gestes pour bien emmailloter et faire des soins.

Je voyais dans son regard la fierté de nous avoir fait ce cadeau. Ce don de la vie.

Le soir, on se retrouvait dans sa chambre avec sa famille. On partageait le repas tous ensemble. Ces moments-là me faisaient personnellement du bien. Le reste du temps, je me sentais vidé.

Mes filles dormaient toute la journée, j’étais loin de ma famille. Je tournais en rond dans les 10 m² de la chambre de l’hôpital.
Nous n’avions qu’un seul lit. Nous ne dormions presque pas. Les rares moment où je m’endormais, l’équipe médicale de jour ou de nuit se présentait. C’était au tour des infirmières de prendre la température des filles . Et bien sûr, cela nous réveillait. Je ne vous cache pas mon agacement exacerbé par la fatigue.

Retour à domicile bien mérité pour tout le monde

Au terme de 3 jours d’hospitalisation, Jill rentrait chez elle, nous dans notre appartement. C’est dingue car elle se portait bien, tant physiquement que mentalement !
On s’est serré très fort dans nos bras en se promettant de se voir le surlendemain . Nous sommes rentrés à notre appartement.

Quel bonheur de se retrouver rien que nous 4, de prendre nos marques dans notre “chez nous” américain !

Avec Romain, on s’organisait : il dormait de minuit à 5h et moi de 5h à 10h. Il a fallu user de stratégie pour donner,seul, les biberons.
Les jours passaient à notre rythme. Dehors l’hiver 0°F (-18°C) . C’était assez difficile de sortir.
Nos journées étaient remplies par les changements de couches, les bains, les biberons. On cuisinait rien de bon pour perdre mes kilos de couvade.

On découvrait nos petites princesses qui ouvraient leur yeux un peu plus chaque jour pour connaitre leurs papas déjà très attachés à elles.
Jill venait nous rendre visite. Elle était toujours en pleine forme ! Elle a souhaité tirer son lait et était heureuse de nous donner tous les 3 jours ces dizaines de poches de lait.

Une envie folle de rentrer. Et à la fois…

Pour notre retour en France, nous avons été faire les passeports de nos deux princesses nouvellement nées.

La fin du séjour approchait. J’avais autant envie de rentrer, de voir nos familles, nos amis, de retrouver nos repères que de rester. Je me sentais chez moi ici. C’est dans ce pays que tout avait commencé et que nous avions rencontré cette famille. Elle nous a permis de réaliser notre rêve de devenir parent.

Le dernier jour, nous avons organisé un grand repas avec les personnes de l’agence et la famille de Jill. Au début, c’était très sympa. Intérieurement, j’avais peur. Peur des adieux, peur de pleurer, de ne pas savoir quoi dire et comment réagir.

Nous leur avons offert des cadeaux et on a fait plein de photos. On a vécu cette journée comme un jour “sans fin”.
Je sentais ma gorge se serrer. Je savais qu’après cette journée, les choses changeraient, que la relation serait différente.

Au moment du départ, elle nous à dit très naturellement : “See you soon” (à bientôt). On allait se revoir très vite… A ce moment là, nous ne savions pas qu’elle aurait raison !

5 Replies to “Papa blues”

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