On me demande régulièrement pourquoi nous avons choisi de faire une GPA «gestation pour autrui». En fait au début de nos envies de paternité on ne se posait pas vraiment la question sur la façon de le devenir. On voulait l’être et c’est tout, c’était abstrait, on savait que cela allait être « dans longtemps ». Et puis le jour où cette envie s’est faite vraiment ressentir on se pose la question :    

Comment allons-nous devenir Papa ?

Bien sûr, nous pensons à l’adoption.
A priori quoi de plus logique quand nous sommes deux hommes ?

Nous voilà, grâce à internet à nous projeter dans un parcours d’adoption. Renseignement, discussion sur des forums, tout cela reste flou. Finalement nous sommes allés dans des associations ou nous rencontrons des couples ayant eu recours à l’adoption.

Pour vous situer, nous sommes en 2011, le mariage pour tous n’est même pas à l’état de projet. Pour prétendre à être parent, lorsque nous sommes LGBT, il faut ruser. Même si à cette époque, l’orientation sexuelle ne devait pas être un critère discriminant, il était toujours très difficile d’obtenir un agrément lorsque nous sommes deux hommes (ou couple n’étant pas constitué d’un homme et  d’une femme).

D’ailleurs comme une des conditions principales pour adopter est le mariage, nous aurions alors forcément adopté en célibataire.

Nous n’avions pas envie de mentir sur notre situation. Une des solutions aurait été d’accepter un « grand enfant », et très sincèrement, a même pas 23 ans à l’époque, je ne me serais pas senti d’adopter un enfant de 8 ans ou plus… Cela nous a découragé.

Et la co-parentalité alors ?

Parmi les autres solutions, nous avons pensé à la co-parentalité qui est le fait de partager la parentalité d’un enfant avec une femme ou un couple de femme. S’organiser pour la garde de l’enfant, dans un cadre non reconnu juridiquement et partager son éducation avec un autre couple ne nous correspondait pas à l’époque.

Nous avons commencé à nous renseigner sur la GPA. Au début ce mot, que dis-je, cet acronyme nous faisait peur. Nous avons pensé aux histoires glauques de femmes Indiennes enfermées dans des sortes de centres pour mère porteuse. Nous avons pensé aux couples d’étrangers n’ayant pas la possibilité de revenir en France pour des raisons administratives.

Retour à la case départ.

Comment allions-nous devenir papa ? Nous sommes retournés dans cette fameuse association, pour repenser notre projet. Et surtout discuter avec des couples qui sont, ou ont été dans notre situation. C’est à ce moment-là que nous avons entendu parler de « GPA éthique » où les femmes, leur famille et les parents d’intention sont protégés. Et où toutes les parties se respectent.

Dans les pays l’autorisant aux couples de même sexe : les États-Unis.

En fait, aux États-Unis, pour être mère porteuse, il faut s’adresser à une agence qui coordonne le projet parental. A première vue, le fait qu’il y ait un intermédiaire peut paraitre bizarre, mais ces intermédiaires, bien souvent associés des cabinets d’avocats, sont garants du bien être des parties prenantes, à commencer par les femmes.

Toutes les femmes ne sont pas acceptées. Il y a des critères pour prétendre à devenir mère porteuse.

La famille (conjoint(e) de la mère porteuse doit être d’accord. Il faut qu’elle passe des tests psychologiques, médicaux, qu’elle n’ait pas de problèmes financiers et qu’elle ait déjà des enfants. Ce sont des conditions qui nous ont rassuré. En tant que futurs parents nous ne voulions pas être dans une forme de marchandisation du corps des femmes.

Être mère porteuse, est souvent une sorte d’épanouissement personnel. Mais j’y reviendrai dans un futur article. Pour les parents d’intention (c’est-à-dire le couple qui prétend à devenir parent) il y a aussi des tests à passer, psychologiques et médicaux. Encore une fois, j’en parlerai plus longuement dans un autre article, celui-ci visant à expliquer pourquoi nous avons fait le choix de la GPA.

Pour nous, plus de doutes possibles ! Nous n’étions pas dans le cadre d’une histoire “glauque” tant décriée par les opposants. Le sordide existe aussi dans le monde de l’adoption, elle est pourtant bien encadrée et utilisée. Nous avons donc recherché sur internet les fameuses « agences » de mères porteuses et en avons contacté plusieurs. Nous avons été convaincus par cette pratique et savions que cela serait notre solution pour devenir parent.

Même si cela n’a pas été un long fleuve tranquille, 6 ans après (à ce jour) nous sommes papas de 3 merveilleuses petites filles.

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